HERMÈS

 

Le principal :

  • Date de fondation : 1837

  • Fondateur : Thierry Hermès

  • Maison indépendante ( propriété majoritaire de la famille Hermès )

  • Participe à la Fashion Week de Paris

  • Direction artistique : Nadège Vanhee-Cybulski ( PAP Femme et Haute Couture ) , Grace Wales Bonner 8 ( PAP homme )

  • Siège au 24 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris, France

  • Produits vendus : Maroquinerie, prêt-à-porter, accessoires, parfums, horlogerie, joaillerie, soierie (carrés de soie), art de la table, décoration, chaussures, cosmétique

 

Historique de la direction artistique :

  • Robert Dumas, gendre d’Émile Hermès, a consolidé Hermès dans les années 1950 en affinant son identité visuelle, avec des créations emblématiques comme le sac Kelly et le bracelet Chaîne d’ancre. Il a insufflé une élégance intemporelle tout en développant le carré de soie, associant artisanat d’exception et innovation, posant les fondations du style Hermès reconnu dans le monde entier. Son approche alliait tradition et excellence, contribuant à élever la maison au rang de marque de luxe incontournable.


  • Martin Margiela, directeur artistique du prêt-à-porter féminin de 1997 à 2003, a bousculé les codes classiques d’Hermès avec son style minimaliste et avant-gardiste. Sa vision déconstructiviste a introduit une nouvelle ère de modernité, réinterprétant les classiques avec des silhouettes épurées et une palette de couleurs neutres. Margiela a valorisé les matières nobles comme le cachemire et le cuir sous un angle innovant, influençant profondément l’esthétique créative d’Hermès tout en restant fidèle à son héritage artisanal.

  • Jean-Paul Gaultier, directeur artistique entre 2003 et 2010, a apporté une audace créative remarquable à Hermès. Connu pour son style provocateur, il a su marier son esprit rebelle avec les codes traditionnels de la maison. Gaultier a réinterprété les classiques Hermès avec fantaisie et modernité, insufflant une nouvelle énergie à la maison tout en célébrant son héritage. Sa direction a permis à Hermès d’élargir sa clientèle et d’affirmer son positionnement à la pointe du luxe contemporain.


  • Véronique Nichanian, à la tête des collections homme de 1988 à 2025, a modernisé la mode masculine Hermès avec un sens aigu du luxe discret et du savoir-faire artisanal. Son style élégant et épuré a renouvelé le vestiaire masculin, mêlant tradition et contemporanéité. Nichanian a su préserver l’identité Hermès tout en la rendant accessible à une clientèle internationale, faisant des collections homme une référence majeure dans le secteur du luxe masculin.


  • Christophe Lemaire, successeur de Nichanian depuis 2011/2012, a continué à développer une ligne masculine résolument contemporaine et épurée. Son approche minimaliste et fonctionnelle valorise la sobriété du style Hermès tout en innovant dans les coupes et les matières. Lemaire met l’accent sur le confort et la polyvalence, confirmant Hermès comme une marque essentielle du luxe urbain moderne.


  • Pierre-Alexis Dumas, directeur artistique général depuis 2008, supervise l’ensemble des directions créatives d’Hermès. Il élargit la palette créative avec le lancement de la haute bijouterie et d’initiatives innovantes comme la collection Petit h dédiée au recyclage et à la créativité. Visionnaire, il maintient un équilibré entre patrimoine artisanal, créativité et développement stratégique, assurant la cohérence stylistique et la pérennité d’Hermès.


  • Charlotte Macaux Perelman et Alexis Fabry, directeurs artistiques depuis 2014, sont connus pour leur démarche centrée sur la valorisation du savoir-faire artisanal. Ils insufflent émotion et rigueur dans la création d’objets, de décoration et d’accessoires, contribuant à l’enrichissement de l’univers Hermès au-delà de la mode. Leur travail fusionne tradition et contemporanéité, confirmant l’excellence et l’innovation propres à la maison.

  • Nadège Vanhee-Cybulski est la directrice artistique du prêt-à-porter féminin chez Hermès depuis 2014. Diplômée de l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers et de l’Institut français de la mode, elle a travaillé auprès de maisons prestigieuses telles que Maison Martin Margiela, Céline et The Row avant de rejoindre Hermès. Sa vision créative se caractérise par une élégance épurée, moderne et intemporelle, mêlant simplicité, fonctionnalité et sophistication. Nadège valorise les matières nobles et le savoir-faire artisanal d’Hermès, innovant avec des tissus techniques et des imprimés inspirés des fameux carrés de soie de la maison. Elle fait preuve d’une approche sincère, alliant confort, féminité et détails raffinés. Sous sa direction, Hermès a su séduire une nouvelle génération tout en restant fidèle à son héritage artisanal et à son ADN luxueux.

  • Grace Wales Bonner a été nommée directrice artistique de la mode masculine chez Hermès en octobre 2025, succédant à Véronique Nichanian, qui a dirigé cette division pendant 37 ans. Cette nomination est historique, car Wales Bonner devient la première femme noire à occuper un poste aussi prestigieux dans une maison de luxe européenne majeure. Agée de 35 ans et diplômée de Central Saint Martins, la créatrice britannique est reconnue pour son approche intellectuelle, poétique et culturelle de la mode, mêlant références artistiques, héritage et modernité. Cette nouvelle étape marque un renouveau créatif pour Hermès, qui voit en Grace Wales Bonner une vision contemporaine capable d’allier le riche héritage de la maison à une esthétique audacieuse et actuelle. Sa première collection pour Hermès est attendue pour janvier 2027, avec la promesse d’une fusion entre artisanat traditionnel et innovation stylistique riche de ses influences culturelles.

 
 

Fondation de la maison

Thierry Hermès s’est intéressé à l’artisanat équestre dès son apprentissage en Normandie, en s'établissant à Pont-Audemer. Issu d'une famille modeste d'origine allemande, il y apprend le métier de sellier harnacheur, développant une véritable passion pour les chevaux et leur équipement. Cette passion vient d’un contexte où les chevaux étaient indispensables pour le transport et la vie quotidienne, ce qui créait une forte demande pour des équipements robustes et élégants.

En 1837, grâce à ses apprentissages et vraisemblablement à un capital modeste mais suffisant, Thierry Hermès s’installe à Paris pour ouvrir son propre atelier de fabrication de harnais et sellerie au 56 rue Basse-du-Rempart, près de l’église de la Madeleine. Son but est de proposer des harnais d’une finesse discrète, légers et résistants, adaptés aux exigences des citadins et aristocrates de la capitale. Il comprend et anticipe ainsi les besoins des clients à une époque où la modernité bouscule les usages traditionnels.

Son travail artisanal remarquable est rapidement reconnu, notamment à l’Exposition universelle de Paris en 1867 où il remporte une médaille pour l’excellence technique de ses harnais. Cet atelier devient la référence du luxe équestre, fournissant même des clients prestigieux comme Napoléon III ou le tsar de Russie, ce qui contribue à asseoir la renommée internationale de la maison.

La combinaison d’une solide formation artisanale, d’une intuition pour les attentes du marché, et d’une gestion prudente des ressources lui permet de lancer cette entreprise qui deviendra un empire du luxe. À sa mort en 1878, Hermès est déjà synonyme d’excellence en sellerie et servira de base au développement futur dans la maroquinerie et autres domaines du luxe.

L’expension vers la maroquinerie à la parisienne

La phase 2 de l'histoire d'Hermès, de 1880 à 1920, est marquée par la diversification et le passage progressif de la sellerie équestre à la maroquinerie. En 1880, le fils de Thierry, Charles-Émile Hermès, transfère l'entreprise au 24 rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, qui deviendra l'emplacement emblématique de la maison. Cette relocalisation ouvre la voie à un élargissement des activités.

Sous la direction de Charles-Émile et ensuite de ses fils Adolphe et Émile-Maurice, Hermès commence à fabriquer des articles liés à l'équitation mais aussi à s'adapter aux nouveaux modes de vie liés à l'automobile et aux voyages. Ils développent ainsi des articles de maroquinerie cousus au « point sellier », une technique artisanale issue de la sellerie, utilisée notamment pour la fabrication de bagages et sacs résistants et élégants.

Émile-Maurice Hermès, à la tête de l'entreprise à partir de 1902, innove avec la création du « sac haut à courroies » destiné aux cavaliers pour transporter leurs selles et bottes. Il est aussi le premier à introduire la fermeture à glissière dans la maroquinerie, acquise lors d'un voyage aux États-Unis, révolutionnant ainsi la fabrication des sacs et bagages Hermès.

Pendant cette période, Hermès ouvre ses premiers magasins dans des villes prisesées pour les vacances et l'équitation, en France comme à l'étranger. La maison prépare aussi son expansion internationale, notamment à New York dès 1924.

En parallèle, Hermès enrichit ses collections avec des accessoires de sport et de voyage, s'ouvrant à la mode pour une clientèle aisée en quête de produits alliant tradition et modernité.

Ainsi, cette phase de dévelppement est cruciale dans la transformation d'Hermès qui passe d’un sellier équestre à un acteur majeur de la maroquinerie et du luxe, tout en maintenant un haut niveau d’excellence artisanale.

Hermès pendant la seconde guerre mondiale

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Hermès joue un rôle de résilience et d’adaptation face aux contraintes difficiles de l’Occupation en France. La maison, dirigée par Émile-Maurice Hermès, doit faire face à des pénuries de matières premières et ruptures d’approvisionnement qui impactent sa production, notamment la fabrication des boîtes d’emballage initialement crème avec liseré marron.

Face à ce contexte, la couleur emblématique orange, aujourd’hui symbole de la marque, s’impose par nécessité : les pigments disponibles sous l'Occupation sont réduits à cette teinte vive, que la maison choisit volontairement comme un signe fort et visible en opposition à la sombre période de guerre. Ainsi, cette couleur devient la couleur officielle d’Hermès durant cette période.

La maison continue cependant d’innover malgré les difficultés. Émile Hermès, envoyé en mission aux États-Unis pour sécuriser l’achat des peaux destinées à la sellerie et maroquinerie pour la cavalerie française, découvre l’industrie de masse américaine et rapporte la fermeture éclair, qu'il introduit dans la maroquinerie en Europe, une innovation majeure.

Quand Hermès devient iconique

Toujours sous la direction d'Émile-Maurice Hermès, petit-fils du fondateur, la maison renforce sa position dans la maroquinerie et lance des produits aujourd'hui mythiques.

  • Le carré de soie Hermès est un foulard carré emblématique lancé en 1937, à l'occasion du centenaire de la maison. C’est Robert Dumas, alors directeur d'Hermès, qui initie cette création unique, confiant le premier design à Hugo Grygkar. Le modèle inaugural, nommé « Jeu des omnibus et Dames blanches », s’inspire d’un jeu de l’oie populaire et rend hommage à la première ligne de transports publics parisiens.

    Le carré est fabriqué en twill de soie, un tissu léger et brillant, issu de la soie de haute qualité provenant du cocon du Bombyx du mûrier. Pour chaque foulard, il faut environ 450 kilomètres de fil de soie, soit la totalité des fils produits par les œufs pondus par un seul ver à soie, ce qui justifie que chaque carré soit appelé un « papillon » par Hermès. La fabrication est un processus artisanal extrêmement minutieux : après impression, chaque carré est coupé à la main, puis ses bords sont roulottés et cousus manuellement par des artisannes expertes.

    Le succès est immédiat, avec près de 25 000 foulards vendus la première année, malgré un prix de lancement alors considéré comme élevé. Ce foulard est rapidement adopté par une clientèle prestigieuse, notamment des célébrités comme Jackie Kennedy ou Grace Kelly, ce qui contribue à en faire une icône intemporelle du luxe français.

    Le carré Hermès connaît depuis lors plus de 2 000 motifs différents, souvent créés par des artistes renommés ou émergents. Chaque modèle a sa propre histoire et ses thématiques, souvent liées à l'univers équestre, au voyage, ou à la nature, perpétuant la tradition et l'authenticité de la maison.

    Le carré de soie est porté de multiples façons : autour du cou, en ceinture, dans les cheveux, ou attaché aux sacs, ce qui en fait un accessoire versatile et un symbole de raffinement. Hermès continue d'innover, notamment en lançant un carré double face en 2020, permettant d’avoir deux motifs différents sur un même foulard.

    Ce foulard reste aujourd’hui un symbole fort d’Hermès, mêlant artisanat d’exception, créativité artistique et élégance classique, faisant de chaque carré un véritable petit chef-d’œuvre textile.

  • Le sac « Haut à Courroies » d'Hermès, créé en 1892, est le tout premier sac de la maison. Initialement, il avait une fonction très pratique : ce grand sac trapézoïdal était destiné aux cavaliers pour leur permettre de transporter leurs bottes, selles et autres équipements équestres. Son nom vient des larges courroies qui servaient à le fermer, mettant en avant son design fonctionnel mais élégant. Ce sac marie robustesse et raffinement, fidèle à la tradition Hermès de combiner utilité et luxe.

    Au fil du temps, avec l’évolution des modes de transport, notamment l’arrivée de l’automobile, le sac s'est adapté pour devenir un sac de voyage incontournable. Sa forme trapézoïdale, ses poignées courtes, et sa couture en "point sellier" (une signature Hermès) en font un objet à la fois pratique et esthétique.

    Dans les années 1930, le sac est revisité par Robert Dumas, gendre d'Émile-Maurice Hermès, qui le transforme en un modèle plus petit, plus adapté à une utilisation citadine et féminine. C’est cette évolution qui donnera naissance au sac qui sera renommé « Kelly » dans les années 1950, en hommage à Grace Kelly, qui l’a popularisé mondialement en l'utilisant pour cacher sa grossesse face aux paparazzis.

    Le sac Kelly se distingue notamment par sa fermeture à deux courroies en cuir, son petit cadenas et ses quatre pieds en métal sous la base pour le poser sans l'abîmer. Il est devenu un classique du luxe, avec une fabrication artisanale très exigeante, mobilisant un seul artisan pendant 18 à 25 heures pour sa réalisation complète.

Hermès développe également une production de bijoux qui s'inscrit dans un savoir-faire artisanal rigoureux et une créativité remarquable. À cette époque, les bijoux Hermès restent fidèles à l’esprit de la maison : allier tradition, sophistication et innovation.

Hermès crée des pièces de joaillerie raffinées, souvent inspirées par ses motifs emblématiques liés à l’univers équestre et maritime, comme les mailles, les fers à cheval ou encore les motifs en forme de chaîne d’ancre. Ces bijoux, réalisés dans des matériaux nobles tels que l’or et les pierres précieuses, sont pensés pour être à la fois élégants et portables au quotidien, incarnant une simplicité sophistiquée.

Les bracelets, colliers, broches et bagues de cette période témoignent d’un travail élaboré mêlant art traditionnel et touches contemporaines. Hermès privilégie la finesse des détails et la qualité exceptionnelle des matériaux, donnant naissance à des pièces intemporelles qui mettent en valeur la personnalité de celui qui les porte tout en restant discrètes et élégantes.

Cette orientation vers des bijoux raffinés complète ainsi l’offre d’Hermès au-delà des sacs et accessoires, renforçant la réputation de la maison comme une référence d’excellence dans le luxe et l’artisanat.

Entrée de la parfumerie et du prêt-à-porter

Sous la direction de Robert Dumas et de Jean-René Guerrand, gendres d’Émile-Maurice Hermès, Hermès s’ouvre à de nouveaux secteurs. En 1951, la maison lance son premier parfum, marquant l’entrée dans l’univers de la parfumerie avec des créations comme Eau d’Hermès puis Calèche. Parallèlement, c’est durant ces années que la couleur orange s’impose comme signature distinctive d’Hermès, devenue emblématique de la maison.

Les années 1960 et 1970 marquent une montée en puissance du prêt-à-porter féminin avec les premières collections dessinées par Catherine de Károlyi, qui permettent de toucher une clientèle nouvelle, sans dénaturer l’image de luxe et d’artisanat. C’est aussi une période d’expansion géographique importante, avec l’ouverture de boutiques Hermès dans des capitales européennes, aux États-Unis notamment à New York, et en Asie, ce qui confirme l’internationalisation de la maison. Ce réseau de distribution global est une base solide pour la croissance à venir.

Hermès fait le tour du monde

Jean-Louis Dumas inaugure cette période en élargissant considérablement la présence d’Hermès à l’international, multipliant les ouvertures de boutiques dans le monde entier, notamment à New York, Tokyo et Séoul, tout en adaptant chaque boutique à la culture locale. Il consolide la notoriété mondiale d’Hermès comme maison de luxe emblématique.

  • Le sac Birkin d’Hermès a été créé en 1984, suite à une rencontre fortuite en 1981 à bord d’un vol Paris-Londres entre Jane Birkin, actrice et chanteuse anglaise, et Jean-Louis Dumas, alors président d’Hermès. Jane Birkin se plaignait du manque de sacs à la fois élégants et pratiques capables de contenir tous ses effets personnels. Jean-Louis Dumas griffonne alors le prototype d’un sac qui allierait fonctionnalité et raffinement, respectant les codes du luxe Hermès.

    Le premier sac Birkin est livré à Jane Birkin en 1984 et devient rapidement un it-bag iconique. Le Birkin est plus grand que le sac Kelly, alliant espace, esthétique et qualité artisanale. Chaque sac est confectionné à la main en France, demandant environ quarante heures de travail artisanal pour garantir une excellence parfaite.

    Le sac Birkin a eu un impact immense dans la mode : il est devenu un symbole de statut mondial, porté par des célébrités et figures influentes, et est un objet de collection très convoité. Son exclusivité, sa qualité et son design intemporel en font aussi un investissement prisé, avec une forte valeur sur le marché des sacs d’occasion.

    Pour Hermès, le Birkin a renforcé la réputation de la maison comme le summum du luxe artisanal, alliant tradition, innovation et désirabilité. C’est un des sacs les plus emblématiques et précieux au monde, incarnant parfaitement l’élégance raffinée et intemporelle de la marque.

    Le tout premier sac Birkin d’Hermès, conçu spécialement pour Jane Birkin en 1984, a été vendu aux enchères en juillet 2025 chez Sotheby’s Paris pour la somme record de 8,6 millions d’euros. Cette vente historique, qui a eu lieu lors de la vente thématique « Fashion Icons », a fait du Birkin original le sac à main le plus cher jamais vendu aux enchères dans le monde. Le sac, un grand fourre-tout en cuir noir patiné, porte les marques de son usage quotidien par Jane Birkin pendant près de neuf ans, ce qui ajoute à son aura et à son authenticité. La mise à prix initiale d’un million d’euros a rapidement été dépassée lors d’une intense bataille d’enchères de 10 minutes impliquant neuf enchérisseurs du monde entier, le sac étant finalement acquis par un acheteur japonais. Avant la vente, le sac avait voyagé à travers plusieurs expositions prestigieuses, notamment au MoMA de New York et au Victoria & Albert Museum de Londres, ce qui a contribué à renforcer sa valeur culturelle. Cette vente consacre le sac Birkin non seulement comme un accessoire de mode iconique, mais aussi comme un véritable objet de patrimoine, mêlant histoire, artisanat d'exception et désirabilité extrême.

Sur le plan créatif, Hermès modernise aussi sa ligne de prêt-à-porter en s’ouvrant à des créateurs avant-gardistes comme Martin Margiela, dont la direction artistique dès 1997 apporte une esthétique minimaliste et innovante, renouvelant le style tout en valorisant la qualité des matériaux. Cette collaboration marque une nouvelle ère de créativité audacieuse, tout en préservant l’élégance intemporelle d’Hermès.

entre traditions et engagements

Hermès place la qualité artisanale, la production locale en France et la longévité des produits au cœur de sa stratégie. La maison s’engage à produire au plus juste, en réduisant son impact environnemental grâce à une démarche d'éco-conception et à la circularité, c’est-à-dire en valorisant la réutilisation des matériaux et la réduction des déchets dans son processus de fabrication. La collection « Petit h » est un exemple emblématique de cette démarche où des chutes de matériaux sont transformées en objets uniques, mêlant créativité et écologie.

En matière climatique, Hermès s’est fixé des objectifs ambitieux validés par l’initiative Science Based Targets (SBTi) : réduire de plus de 50% ses émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2 et 3) d’ici 2030, avec un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour cela, la maison mise sur la maîtrise des consommations énergétiques, un passage massif aux énergies renouvelables (100% d’électricité renouvelable dans ses opérations d’ici 2025), et une adaptation progressive de ses sites industriels face aux risques climatiques.

Hermès favorise aussi la préservation de la biodiversité, avec des actions concrètes comme la formation de ses collaborateurs à cette thématique ou la réalisation de diagnostics biodiversité sur ses principaux sites de production en France.

Hermès couture

Hermès a officiellement annoncé son entrée dans la haute couture, prévue pour 2026 ou 2027, marquant une étape historique dans l’évolution de la maison. Cette décision découle d’une volonté de repousser les limites créatives tout en valorisant l’excellence artisanale qui définit Hermès depuis sa création. Jusqu’ici reconnue surtout pour sa maroquinerie et son prêt-à-porter de luxe, Hermès envisage de présenter des collections féminines haute couture sous la direction artistique de Nadège Vanhee-Cybulski, en s’appuyant sur un savoir-faire d’exception et une confection ultra-exigeante.

Cette entrée dans la haute couture s’inscrit aussi dans un contexte de forte croissance pour le prêt-à-porter Hermès, preuve d’une diversification réussie. La maison vise à rejoindre le cercle très fermé des maisons membres de la Chambre syndicale de la haute couture, aux côtés des géants Chanel et Dior. Hermès souhaite réinventer les codes du luxe en intégrant l’univers équestre et les matières nobles qui font sa renommée, offrant ainsi une nouvelle forme d’exclusivité et de sophistication. Cette initiative symbolise un pari à la fois risqué et raisonné, destiné à renforcer l’image d’ultra-luxe et de créativité d’Hermès sur la scène mondiale de la mode.

Grace Wales Bonner : Première femme noire à la DA d’une grande maison de luxe parisienne

Grace Wales Bonner a été nommée directrice artistique de la mode masculine chez Hermès en octobre 2025, succédant à Véronique Nichanian, qui a dirigé cette division pendant 37 ans. Cette nomination est historique, car Wales Bonner devient la première femme noire à occuper un poste aussi prestigieux dans une maison de luxe européenne majeure. Agée de 35 ans et diplômée de Central Saint Martins, la créatrice britannique est reconnue pour son approche intellectuelle, poétique et culturelle de la mode, mêlant références artistiques, héritage et modernité. Cette nouvelle étape marque un renouveau créatif pour Hermès, qui voit en Grace Wales Bonner une vision contemporaine capable d’allier le riche héritage de la maison à une esthétique audacieuse et actuelle. Sa première collection pour Hermès est attendue pour janvier 2027, avec la promesse d’une fusion entre artisanat traditionnel et innovation stylistique riche de ses influences culturelles.

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