NAOMI CAMPBELL

Naomi Elaine Campbell naît le 22 mai 1970 à Londres, d'une mère jamaïcaine danseuse et d’un père qu’elle ne connaîtra jamais. Elle grandit entre Londres et Rome, où sa mère travaille comme danseuse moderne. Dès la maternelle, Naomi foule la scène plutôt que les trottoirs, étudiant la danse et la performance à la Barbara Speake Stage School puis la prestigieuse Italia Conti Academy. Ce goût pour la scène et la discipline du ballet deviendront la chorégraphie secrète derrière sa future démarche légendaire, le “naomi walk”.

L’ascension météoritique

Repérée à 15 ans par un agent alors qu’elle lèche les vitrines de Covent Garden, elle décroche dans la foulée une couverture du Elle britannique. La mode la propulse : la voici vite première mannequin noire en couverture de Vogue France et de Time Magazine. Naomi devient l’une des “Big Six” supermodels, gravitant aux côtés de Linda Evangelista et Christy Turlington dans une galaxie où elle brille d’un éclat particulier. Elle défile pour les temples du style : Versace, Chanel, Yves Saint Laurent, Prada… Sa démarche électrise les podiums, marque l’avènement de la “model star” et repousse les frontières de la beauté imposées jusque-là par le milieu de la mode, longtemps hermétique à la diversité.

Les combats, controverses et chutes

Si Naomi a été surnommée “Black Panther” pour sa prestance féline, sa trajectoire n’a pas été un long podium tranquille. Victime de racisme structurel, elle doit lutter pour obtenir la même reconnaissance et la même rémunération que ses homologues blanches, s’engageant très tôt pour la diversité et le respect dans la mode. Mais son tempérament volcanique lui a aussi valu la une des pages faits divers – accusations de violences envers le personnel, moments de tension avec les médias, et même une convocation historique comme témoin dans l’affaire des “diamants du sang” au procès de Charles Taylor. En 2024, son nom apparaît dans une enquête remettant en question la gestion de sa fondation caritative Fashion for Relief.

La Muse aux mille talents

Impossible de cantonner Naomi à la seule mode : elle s’impose aussi devant la caméra, tourne dans des clips mythiques (Bob Marley, Michael Jackson, Madonna), joue au cinéma et à la télévision, produit et anime le show “The Face” pour révéler les mannequins de demain, lance des parfums et s’essaie même à la musique. Elle enseigne, conseille et utilise sa plateforme pour militer en faveur des causes qui lui tiennent à cœur. Son style caméléon, son instinct du show et son autorité naturelle sur les podiums en font une référence pour plusieurs générations de créateurs et de mannequins.

Un flambeau pour la diversité

L’influence de Naomi dépasse de loin sa silhouette immense. Elle a ouvert la voie à des générations de modèles racisées, inspiré de nombreux créateurs à repenser leurs castings, et bataillé pour faire de la diversité une norme plutôt qu’une exception. Première muse noire à conquérir les plus grandes une et podiums, elle a transformé les critères de beauté universels et contribué à réécrire les règles du secteur. Mandela lui décernera même le titre honorifique de “petite-fille” pour son engagement.

Campbell aujourd’hui

À 55 ans, Naomi demeure un “fabuleux phénix” : toujours active, elle continue de défiler, d’assister à tous les défilés majeurs, et de donner son avis tranché sur la mode contemporaine. Elle est aussi devenue mère de deux jeunes enfants, nés en 2021 et 2023, un secret qu’elle protège jalousement. Parallèlement, elle explore son rôle de mentor, partage son expertise sur la pose, le mouvement, ou la résilience face à l’adversité. Sa vie privée se conjugue désormais avec son rôle de maman, qu’elle estime être le “plus grand bonheur” de sa vie, et elle continue d’incarner une source d’inspiration pour le monde de la mode et pour ceux qui rêvent de déjouer les pronostics.

Naomi Campbell incarne ce que la mode peut générer de plus grand et de plus fragile. Femme d’affaires, muse, militante, maman – elle a transcendé l’éphémère beauté des podiums pour s’imposer comme une force créatrice et un moteur de progrès. Derrière les strass et les flashs, son histoire est celle d’une conquête : celle de l’égalité, de la reconnaissance, et surtout de la liberté d’être “elle-même, magnifiquement, courageusement et pour toujours”.

Précédent
Précédent

& OTHER STORIES

Suivant
Suivant

PACO RABANNE