RICCARDO TISCI

Riccardo Tisci naît en 1974 à Tarente, dans le sud de l’Italie, au sein d’une famille nombreuse et modeste, menée d’une main de fer et de cœur par une mère célibataire. Entouré de ses huit sœurs, il grandit dans une atmosphère où l’amour, la créativité et la débrouillardise règnent. Très jeune, Riccardo développe un penchant pour le dessin, l’art, la mode et l’esthétique. À 11 ans, il quitte le cursus classique pour l’école d’art de Milan et ne tarde pas à décrocher une bourse pour la légendaire Central Saint Martins à Londres, où il pose les premiers jalons d’un style entre romantisme gothique et modernité épurée.

« La création : Riccardo des abysses à la lumière »

Diplômé en 1999, Tisci commence sa carrière dans les coulisses de géants comme Puma, Antonio Berardi et Ruffo Research. En 2004, il lance sa propre marque à Milan, dans une ambiance théâtre-mélancolique, où l’étrangeté gothique côtoie le glamour underground. Son talent et sa singularité lui ouvrent les portes de Givenchy, qui l’appelle en 2005 à la direction artistique de la couture femme, épaulée dès 2008 par les lignes hommes et accessoires. Face à une maison figée dans les souvenirs d'Audrey Hepburn, Tisci insuffle une énergie sombre, sensuelle et profondément inclusive. Sa patte gothique, ses inspirations religieuses, son amour du streetwear et des icônes pop créent un électrochoc : la maison Givenchy s’épanouit de nouveau, les ventes explosent, la marque redevient culte. Sous son égide, la haute couture s’acoquine avec l’urbain — il habille aussi bien Beyoncé que Kanye West ou Madonna, tisse des liens forts avec Kim Kardashian et Marina Abramović et devient la coqueluche d’une nouvelle génération de stars.

« Riccardo Tisci : le magicien de l’inclusion et du melting mode »

Tisci bouleverse les codes traditionnels de la mode. Il milite ouvertement pour la diversité, fait défiler des mannequins noirs, transgenres, sortis des sentiers battus. Il joue l’hybridation entre streetwear et luxe bien avant la hype, brise l’élitisme du catwalk et fait de la pop culture un vecteur de haute couture. Il fait grimper Givenchy au sommet, réinstaure l’émotion et la dimension narrative dans le vêtement, tout en restant fidèle à un artisanat obsessionnel. Sa créativité est aussi visible dans sa collaboration constante avec des artistes contemporains et sa volonté de créer une mode porteuse de sens et de messages.

« De Givenchy à Burberry : de la croix à la couronne »

Après douze ans à la tête de Givenchy, Tisci quitte la maison en 2017, mû par le besoin de retrouver ses racines familiales et de se ressourcer. Il revient sur le devant de la scène en 2018 chez Burberry, où il succède à Christopher Bailey. Là encore, il opère une transformation radicale : nouveau logo, monogramme audacieux, refonte des icônes comme le trench ou le tartan, collaborations inédites et nouvelles campagnes avec Naomi Campbell, Kendall Jenner ou encore Michaela Coel. Il bannit la fourrure, accorde une place centrale à l’individualité britannique, ranime des pans entiers de l’histoire de la maison, tout en injectant son ADN subversif et glamour. La presse salue ses innovations, même s’il doit affronter les critiques d’un public parfois désarçonné par tant de bouleversements.

« Tisci, tremplin et tempêtes : succès, tourments et héritage »

Tisci a connu la réussite, mais aussi les doutes, les controverses et la pression inhérente à la haute couture. Son parcours est marqué par des moments charnières — exclusions en raison de ses origines modestes et de son homosexualité, défis créatifs à chaque changement de maison, acceptation ou rejet par les puristes du secteur. Néanmoins, il a su devenir l’une des voix les plus novatrices de sa génération, prouvant qu’on peut bousculer les traditions sans renier la grandeur de l’artisanat. Son héritage réside dans une vision de la mode qui réconcilie héritage, vécu personnel, inclusivité et innovation — il est l’initiateur d’un dialogue entre luxe et rue, couture et pop culture, identité et universalité.

« Riccardo Tisci aujourd’hui : entre retrait chic, voyages et nouvelles scènes »

Après avoir quitté Burberry en septembre 2022, Riccardo Tisci a pris du recul pour se ressourcer, voyageant notamment en Afrique et entre Paris et New York. Il continue de s’investir dans des projets créatifs plus personnels, réfléchissant à la bonne manière de revenir sur le devant de la scène. Il mène aujourd’hui une existence partagée entre écriture, direction éditoriale, collaborations artistiques (comme avec Marina Abramović), et aspiration à trouver un nouvel équilibre entre vie privée, art et engagement dans la mode contemporaine.

Parcours météorique, créativité qui décoiffe, héritage inclusif : Riccardo Tisci reste, contre vents et marées, l’un des alchimistes de la mode les plus inspirants de son époque.

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